10 ans intercontinental

Le Grand Hôtel, trônant au centre de Bordeaux sur la place de la Comédie, y a été édifié il y a plus de deux siècles. Il allait de paire avec le Grand Théâtre qui lui fait face. Deux majestueux bâtiments, aussi impressionnants qu’inspirants, construits à la fin du dix-huitième siècle.
Pour les dix ans de l’hôtel Intercontinental, qui y a pris place, la façade a été embrassée par des sons et des lumières.

La place de la Comédie est remplie de monde, tous les yeux sont rivés sur l’édifice.
Dix-neuf heures, les lumières de la ville s’endorment, et la foule s’éveille. Nous y sommes. Dix-neuf heures cinq, une voix s’élève dans la nuit pour nous livrer l’histoire du palace. L’orateur à la façon d’un conteur, prend un ton épique et nous fait traverser les époques pour observer l’évolution du bâtiment.

Et puis, une première note retentit. La performance a commencé. Pour trouver l’origine de cette musique onirique il faut lever la tête; un violoniste est posté sur les toits. Eclairé d’une lumière dure et blanche il semble être en suspension dans le ciel noir du soir. Angélique dans son halo de lumière, il offre au spectacle une ouverture envoutante.

 

 

Tout à coup au balcon un faisceau lumineux révèle une danseuse classique. Ils sont les seuls êtres à se défaire de la pénombre environnante. L’éclairage, plus doux sur l’étoile que sur le soliste, sublime ses mouvements délicats et tendres, accompagne son tutu blanc, fait resplendir la petite couronne qu’elle arbore.


A peine le temps de s’y perdre qu’elle disparait pour laisser place à quatre voltigeur-acrobates qui évoluent à même la façade. Au centre deux femmes en rouge, à l’extérieur deux hommes en noir; la symétrie est parfaite. Chacun enfermé dans un cercle de lumière rouge, ils vont et viennent, repoussant gracieusement les pierres du palace pour s’envoler un instant.

Et puis, les faisceaux s’éteignent et des gerbes de lumières naissent sur le parvis. Là, des acrobates enchainent les salto, et régalent les yeux des spectateurs qui ont su choisir le premier rang. Voilà la pluie qui s’invite. Eh oui que croyiez- vous? Nous sommes un quatorze décembre à Bordeaux, elle devait être de la partie. Cependant elle ne perturbe en rien le déroulement de la performance. Le violoniste qui subit le froid et la pluie, accompagne toujours aussi brillamment les autres artistes. Les acrobates donnent encore à voir une courte démonstration d’une grande technique et d’une impressionnante légèreté.

 

 

 

 

Mais il est déjà temps de relever les yeux sur ces quatre voltigeurs qui font à nouveau leur numéro. Dans des éclairages plus froids, ou dans une fumée rendue violette, ils s’élancent et se balancent. Les hommes en noir semblent s’envoler dans l’épaisse brume, comme sans attache, comme suspendus. Elles, en rouge, font preuve d’une grâce inespérée dans de telles conditions.

La pluie cesse.

La dernière note se diffuse dans l’air de la nuit, la ballerine apparait à nouveau au balcon. C’est l’heure du salut. La fin a sonné.

Ce fut un bel hommage pour l’anniversaire du plus prestigieux hôtel de Bordeaux.

 

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